
L’œuvre de Diana Scherer se dévoile comme un jardin singulier, fruit d’un processus lent et patient, dans lequel les racines deviennent des lignes, des motifs et des surfaces. Conçue comme un hommage à Claude Monet cette
exposition réfléchit à notre relation avec le monde végétal.
À l’église Saint-Nicolas de Caen, le travail de Diana Scherer se déploie comme une forme singulière de jardin — né d’une collaboration entre l’intention humaine et les forces de la nature. Créée pour Normandie Impressionniste 2026 et conçue comme un hommage à Claude Monet, cette exposition interroge notre relation contemporaine au monde végétal, à la frontière entre liberté et contrôle, nature et artifice.
Le thème du festival, Un possible jardin, trouve ici une résonance particulière. Le jardin de Diana Scherer n’est ni ornemental ni domestiqué. Il émerge d’un processus lent et patient dans lequel les racines deviennent lignes, motifs et surfaces. Plutôt que de façonner directement la matière végétale, l’artiste crée les conditions de sa croissance, guidant sans dominer. L’organisme vivant agit, résiste, négocie. L’œuvre naît de cette tension.
Cette approche fait écho à la pratique même de Monet, pour qui le jardin était à la fois un refuge, un laboratoire et une œuvre d’art en soi. À Giverny, Monet composait un paysage qu’il peignait ensuite sans relâche, équilibrant l’observation attentive de la nature et l’intervention délibérée. Le jardin impressionniste n’était pas un espace sauvage : il était conçu et orchestré, tout en restant soumis à l’imprévisibilité — la lumière, le vent, les saisons, le temps.
Installées dans l’église Saint-Nicolas, ces œuvres invitent les visiteurs à ralentir, à observer ce qui pousse au-delà du contrôle humain immédiat. Le travail reflète une époque marquée par la maîtrise du vivant : sols artificiels, plantes standardisées, paysages contrôlés et optimisés, souvent privés de leur capacité de surprise. Face à cette volonté de contrôle excessif, l’artiste propose une autre voie — celle du dialogue, du lâcher-prise partiel et de la confiance dans les processus naturels : Contraintes par des structures conçues par l’artiste, les racines génèrent des formes qui évoquent autant le textile et l’architecture que le dessin.
Mis à jour le
Horaires
23 Rue Saint-Nicolas, Eglise Saint-Nicolas, 14000, Caen
Accessibilité
Informations non communiquées par l'organisateur
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