
Georges TROUBAT
L’œuvre picturale de Georges Troubat se situe à la croisée de l’abstraction géométrique, de l’abstraction lyrique et d’une recherche très poussée sur la couleur comme force...
Georges TROUBAT
L’œuvre picturale de Georges Troubat se situe à la croisée de l’abstraction géométrique, de l’abstraction lyrique et d’une recherche très poussée sur la couleur comme force structurante de l’espace pictural. Né à Montluçon en 1951, il commence par une peinture figurative avant d’évoluer progressivement vers un langage abstrait qui deviendra sa signature.
Une abstraction construite
Ce qui frappe d’abord dans ses toiles, c’est leur architecture interne. Les formes sont souvent géométriques — rectangles, bandes, fragments de cercles, diagonales ou réseaux de lignes — mais elles ne cherchent pas la froideur mathématique. Chez Troubat, la géométrie sert plutôt de cadre à une dynamique visuelle intense. Les compositions paraissent rigoureusement élaborées, chaque élément trouvant sa place dans un équilibre complexe de tensions et de contrepoints.
La couleur comme énergie
La couleur est probablement le véritable sujet de son œuvre. Les critiques et présentations de ses expositions évoquent régulièrement une « couleur éclatée » ou une palette où « la couleur fuse et s’éclate ». Les contrastes sont vifs mais maîtrisés : rouges, bleus, jaunes et noirs s’affrontent puis se réconcilient dans des harmonies très travaillées. Contrairement à certaines abstractions agressives ou purement conceptuelles, sa peinture conserve une dimension sensible et lumineuse.
Entre construction et poésie
Même lorsque les formes sont strictes, l’œuvre ne relève pas uniquement de la géométrie. De nombreux textes consacrés à l’artiste soulignent une tension constante entre construction rationnelle et rêverie poétique. Ses tableaux suggèrent parfois des paysages urbains, des architectures imaginaires, des rythmes musicaux ou des espaces intérieurs sans jamais les représenter directement. Cette ambiguïté contribue à leur pouvoir évocateur.
Influences et filiations
Troubat revendique l’héritage des abstraits russes et des futuristes italiens du début du XX? siècle. On peut effectivement percevoir dans certaines œuvres une parenté avec le constructivisme, le suprématisme ou certaines recherches de l’abstraction européenne d’après-guerre. Cependant, il s’en distingue par une approche plus coloriste et moins doctrinaire, où l’émotion conserve une place importante.
Techniques et matériaux
Son parcours témoigne d’une grande curiosité technique. Après avoir longtemps pratiqué la peinture à l’huile, il privilégie aujourd’hui l’acrylique, qu’il enrichit souvent de collages, de pastels ou d’encre de Chine. Il a également travaillé le vitrail et la sculpture métallique, ce qui explique peut-être son intérêt pour les rapports entre surface, lumière et structure.
Le mouvement « Upper Art »
Troubat est souvent présenté comme l’un des fondateurs ou principaux représentants du mouvement Upper Art, issu de l’abstraction géométrique contemporaine. Cette démarche vise une harmonie obtenue non par la simplicité ou l’uniformité, mais par la confrontation volontaire de formes, de couleurs et de matières contrastées jusqu’à atteindre un équilibre plastique intense.
En résumé, la peinture de Georges Troubat est une abstraction construite mais jamais froide : elle associe rigueur géométrique, énergie colorée et dimension poétique, dans une recherche constante d’équilibre entre ordre et émotion.
Stéphane DESMARIS
Le travail sculptural de Stéphane Desmaris se caractérise par une recherche très singulière autour du corps, de la matière organique et de l’inconscient. Son parcours, marqué à la fois par la psychologie, la psychanalyse, la musique et les arts plastiques, nourrit une œuvre où la sculpture devient une exploration de ce qui relie le monde physique aux représentations mentales et sensibles.
Une sculpture née de la nature
Ses premières recherches sculpturales apparaissent autour de 2010 avec la série Cippus, réalisée à partir de ceps de vigne. Plutôt que d’imposer une forme au matériau, Desmaris part des courbes, torsions et accidents naturels du bois pour faire émerger des figures ambiguës, souvent proches du corps humain. Le bois semble devenir membre, colonne vertébrale, silhouette ou fragment anatomique. Cette approche donne à ses œuvres une dimension presque surréaliste, où l’on hésite constamment entre forme végétale et présence humaine.
Le corps comme langage
Le corps est sans doute le fil conducteur de toute sa démarche. Mais il ne s’agit pas d’un corps réaliste ou académique. Chez Desmaris, le corps est fragmenté, suggéré, métamorphosé. Certaines sculptures évoquent des torses, des membres ou des organes sans jamais les représenter frontalement. Cette ambiguïté crée une tension entre le visible et l’imaginaire.
Son propre texte de présentation évoque la question du « corps fantasmatique », notion héritée de la psychanalyse, qui désigne le corps tel qu’il est vécu intérieurement plutôt que tel qu’il apparaît objectivement.
Le passage vers l’abstraction
À partir de 2015, son travail évolue fortement avec la découverte de la céramique et la réalisation de sculptures monumentales. L’artiste s’éloigne progressivement de la figuration pour développer un vocabulaire plus abstrait. Cette période donne naissance à plusieurs séries majeures.
Les « Nodulus »
Les sculptures de la série Nodulus sont constituées d’agrégats de formes arrondies, comme des nœuds organiques qui s’assemblent et se développent dans l’espace. Le vide y joue un rôle aussi important que la matière : les ouvertures, cavités et passages structurent la sculpture autant que les volumes eux-mêmes. Ces œuvres semblent à mi-chemin entre organisme vivant, minéral et architecture.
Les « Botrus » : la métaphore de la grappe
La série Botrus prolonge cette recherche organique autour du thème de la grappe. Les volumes se regroupent en ensembles qui évoquent à la fois les fruits, les cellules, les embryons ou certaines formes géologiques. On y retrouve un lien fort avec la terre, le végétal et la croissance. Ces sculptures possèdent souvent une dimension très tactile, renforcée par les émaux et les surfaces brillantes de la céramique.
organiques qui s’assemblent et se développent dans l’espace. Le vide y joue un rôle aussi important que la matière : les ouvertures, cavités et passages structurent la sculpture autant que les volumes eux-mêmes. Ces œuvres semblent à mi-chemin entre organisme vivant, minéral et architecture.
Les « Botrus » : la métaphore de la grappe
La série Botrus prolonge cette recherche organique autour du thème de la grappe. Les volumes se regroupent en ensembles qui évoquent à la fois les fruits, les cellules, les embryons ou certaines formes géologiques. On y retrouve un lien fort avec la terre, le végétal et la croissance. Ces sculptures possèdent souvent une dimension très tactile, renforcée par les émaux et les surfaces brillantes de la céramique.
Féminité, fertilité et formes primitives
Avec la série Sinus, l’artiste revient à une symbolique plus directement corporelle. Les formes évoquent les seins, la maternité, la fécondité et les représentations archaïques du féminin. Ces sculptures prennent souvent l’apparence de totems ou de stèles contemporaines. Elles oscillent entre référence aux cultes anciens et langage plastique très actuel.
Entre biomorphisme et architecture
Dans ses séries plus récentes, notamment Geometria et les Nodulus Acier, Desmaris introduit davantage de géométrie. Les œuvres prennent parfois l’apparence de polyèdres imparfaits, de structures architecturales ou de réseaux métalliques en expansion. Pourtant, même lorsqu’il devient plus construit, son univers conserve quelque chose de vivant : les formes semblent croître, se déployer ou respirer comme des organismes.
Une sculpture de la transformation
Ce qui rend son travail particulièrement cohérent, c’est cette capacité à faire dialoguer des oppositions :
nature et culture ;
corps et architecture ;
plein et vide ;
abstraction et figuration ;
matière brute et élaboration symbolique.
Ses sculptures donnent souvent l’impression d’être en cours de métamorphose, comme si elles se situaient dans un état intermédiaire entre plusieurs formes possibles. Cette instabilité poétique constitue probablement l’une des signatures les plus fortes de son œuvre.
Pour résumer, Stéphane Desmaris développe une sculpture profondément organique et introspective, où le bois, la terre, la céramique ou l’acier deviennent les supports d’une réflexion sur le corps, le désir, la croissance et les formes cachées de notre vie psychique.
Mis à jour le
Horaires
Salle Malgouverne, Rue du 11 Août 1944, 71250, Cluny
Accessibilité
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